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Déchets : mobilisation générale !

Une expérience menée par 30 familles de la communauté de communes de St Romain

mercredi 2 décembre 2015

Nos poubelles débordent : pesons pour réduire !

Une expérience pilote a eu lieu dans le pays de Fougères (Ile et Vilaine) par l’association la Passiflore auprès de 30 foyers. (http://la.passiflore.free.fr/dechets.html). En appliquant les gestes de la réduction des déchets, ces "familles test" ont produit 5 fois moins d’ordures résiduelles (ce qui reste après tri et compostage) que leurs voisins. Ainsi les 30 foyers test, qui ont pesé leurs déchets pendant un an, ont seulement produit 43 kg d’ordures résiduelles par personne en un an, contre 230 kg pour un habitant du Pays de Fougères.
Durant cette expérience, les gestes qui ont eu le plus d’impact sur la production de déchets ont été :
- le compostage des déchets de cuisine (43 kg par an par habitant),
- la sélection des achats suivant la quantité d’emballage utilisée,
- la pose d’un autocollant "stop-pub"
- le don des objets et vêtements inutilisés.

En 2006, l’association ECO-CHOIX a recherché des personnes de la Communauté de Communes de St Romain pour effectuer un test analogue.

Descriptif :

Nous sommes 30 familles des environs de St Romain qui avons décidé de peser nos déchets pendant 100 jours tout en faisant attention d’en produire le moins possible. Les résultats ont montré, à mi-parcours que l’on peut diviser par deux ou par trois nos déchets ménagers...

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Dans ce document, vous trouverez des dizaines de gestes à faire au quotidien pour y arriver. C’est à la portée de toutes les familles !

L’exposition sur les déchets du 27/10 au 5/11/2006

Parmi les nombreuses animations de la campagne ECO-CHOIX " DECHETS : MOBILISATION GENERALE " l’exposition aura été un très grand moment de partage . Plus de 700 visiteurs sont venus dans cette exposition interactive pour s’entraîner à trier, répondre à des questions, faire du papier recyclé et voter pour " la plus belle poubelle " . Chaque école qui avait participé à ce concours a reçu un jeu de société " DETRI’TOUT " ... Voici quelques photos prises tout au long de cette exposition à St Romain de Colbosc

La table ronde : 360 kg de déchets par an et par habitant en France : c’est bien trop !

Intervenants :
- Monsieur Thorez représentant l‘A.R.E.H.N., organisme dont le financement est public, et chargé de sensibiliser les citoyens aux questions environnementales
- la représentante de la société ETARES, chargée de l’enfouissement des déchets industriels
- Monsieur J.M. Gohier de l’A.D.E.M.E
- M. Virlouvet de l’association La Passiflore

Monsieur Thorez expose brièvement son point de vue :
La tendance générale est de croire que les déchets, les ordures sont une malédiction inévitable. D’ailleurs, la définition même de ce mot est : résidu impropre à la consommation, inutilisable …En réalité, beaucoup de ces déchets sont des ressources, elles peuvent retourner à une nouvelle vie ! Peu d’entre eux sont des déchets « ultimes » , c’est-à-dire ceux dont on ne peut rien faire.
Si dans un passé proche, l’on pouvait se contenter de brûler ou d’enfouir quantité de nos poubelles, désormais les choses ont bien changé. En effet, la nature seule ne peut plus gérer l’afflux sans cesse croissant de nos rebuts, car en 40 ans, nos modes de vie ont changé (démographie en augmentation, urbanisme, confort de vie) et nos exigences en matière d’hygiène et de protection de l’environnement également. Depuis l’apparition de l’emballage, nous constatons en effet un accroissement inquiétant du poids et du volume que prennent les barquettes, les cartons surdimensionnés, les suremballages, les sacs de caisse et autres fioritures autour de l’objet consommé.
Le déchet « vert » a également fait son apparition, engorgeant rapidement les services de voirie à certaines saisons… C’est ainsi que notre production (en masse) de déchets a doublé pendant que le coût de leur collecte et de leur élimination a été multiplié par 5. Ces deux facteurs contribuent à un coût inévitablement plus élevé pour le traitement (recyclage ou destruction) de nos déchets, qu’ils soient ménagers ou industriels.
C’est une des raisons pour laquelle il est devenu urgent de revaloriser un maximum des matières auparavant laissée à l’abandon de la décharge.
La deuxième raison fondamentale pour réaliser dès aujourd’hui des gestes de tri et de prévention du déchet, c’est l’épuisement à court ou moyen terme des ressources de notre planète. Il y a certaines matières qui en effet pourraient être économisées si un recyclage efficace était mis en place. Par exemple, des déchets de papeterie, riches en cellulose, additionnés de chaux forment un amendement organique pour l’agriculture, économisant ainsi des engrais qu’il faudrait extraire d‘une carrière, transporter puis transformer grâce au pétrole, générant ainsi des gaz à effet de serre !
Ce sont les communes qui assurent la gestion des déchets produits sur leur territoire. Elles peuvent déléguer certaines responsabilités à des entreprises spécialisées (VEOLIA Environnement, SUEZ, pour n’en citer que deux). L’Etat joue quand à lui un rôle directif puisque c’est de lui que proviennent les grandes orientations nationales : loi de 1992 ( pour la valorisation des déchets ) et très prochainement (on l’espère du moins) une loi pour la réduction des déchets.

Trois filières s’offrent aujourd’hui à un matériau en « fin de vie » :
- le recyclage (après un tri )
- l’incinération
- l’enfouissement

Sur ce sujet, et suite à une question du public, Monsieur Thorez laisse la parole à la représentante de la société ETARES, chargée de l’enfouissement annuel de 600 à 1000 tonnes de déchets industriels ( dont 30% - seulement sont recyclés, le reste étant compacté puis déposé dans des alvéoles étanches). Elle nous décrit les infrastructures de cet établissement, aménagées pour qu’aucun ruissellement ne puisse polluer le site naturel de l’estuaire de la Seine tout proche, et qui en fin d’activité sera recouvert d’un tapis de verdure et d’arbres… On évoque même la possibilité d’y installer des éoliennes ! Malheureusement, ce site qui était lors de son inauguration prévu pour collecter des ordures pendant 25 ans sera prématurément engorgé : il doit fermer ses portes dans les cinq ans à venir pour manque de place.
(Lire l’article sur le centre de tri ETARES)

Monsieur Thorez reprend son exposé pour nous rappeler que l’enfouissement reste le moyen le moins valorisant pour nous débarrasser de nos poubelles et qu’il faudrait limiter au maximum cette technique.
L’incinération représente un moyen de production d’énergie non négligeable selon lui, et les centrales les plus modernes ( comme celle de Rouen) pourraient alimenter un réseau collectif en eau chaude ou en électricité. Pour cet exemple, il pourrait s’agir de produire l’équivalent en énergie de trente éoliennes. Il ne faut cependant pas oublier que même si leur fiabilité a été augmentée en matière d’hygiène (émission de dioxines, etc..) ces centrales restent des usines productrices de gaz à effet de serre et participent ainsi gravement au réchauffement climatique.
Le recyclage, quant à lui, reste notre plus grande chance : une opportunité de redonner un avenir à des matières qui seront précieuses aux futures générations.
Verre, papier, cartons, plastiques, métaux, déchets organiques représentent les enjeux d’un défi que nous devons relever sans tarder. De plus, il faut absolument sensibiliser les citoyens à bien séparer les détritus les plus toxiques ou nuisibles pour une revalorisation efficace des autres ordures ménagères et éviter de les polluer définitivement : piles, batteries, néons, peintures, huiles ménagères, encombrants électroniques, électroménager ou autres produits de consommation courante doivent trouver des filières de démantèlement. Ces services doivent être connus du grand public et accessibles à tous.
Nous devons également changer de comportement à l’achat d’un article et nous poser plus de questions quant à sa nécessité dans la vie courante, sa qualité, son espérance de vie : est-il réparable, recyclable ? Pourrai-je le donner ou le vendre quand je n’en aurai plus besoin ? Faut-il acheter ou bien louer, emprunter ? Quelle(s) quantité(s) de matière(s) et d’énergie pour sa fabrication et sa mise en œuvre ? Pour sa destruction ?
Les réseaux de récupération et de réparation de matériel électroménager sont cités en exemple pour le bénéfice social, économique et environnemental qu’il apportent à notre société « de consommation ».

Monsieur J.M. Gohier de l’A.D.E.M.E. prend à son tour la parole. D’après notre intervenant, le principal défi serait de réduire les gaz à effet de serre.
Il nous invite, sans transition, à une réflexion sur notre évolution en tant que consommateurs. En effet, notre préoccupation principale semble tourner bien souvent autour du gadget de loisir et du meilleur moyen de se le procurer bien plus que sur le loisir en lui-même. Pour exemple, il cite les nombreux postes de télévisions dont sont équipés les foyers Français : il parait en effet important de pouvoir suivre un programme dans son salon, sa cuisine, ou bien sa chambre plus encore que de se concentrer sur ledit programme.
Les engagements pris par certaines entreprises, de réduire leurs déchets de 10% sont généralement suivis d’une remise en question profonde de toute son organisation, depuis la conception des produits, jusqu’à leur livraison. Cela passe par une réflexion à tous les niveaux et les résultats sont toujours au rendez-vous. Effectivement, si les prix des déchets et emballages produits par une entreprise génèrent des coûts supplémentaires, ceux-ci seront répercutés dans le prix du produit. A l’inverse, toute diminution de ces charges entraînera soit une baisse des prix ( et la satisfaction du client ) soit une meilleure marge pour l’entreprise.

Dans le cadre des déchets ménagers qui nous concerne davantage ce soir, M. Gohier revient sur la notion d’écoproduit : comment le reconnaître ?
A l’aide d’un exemple simple, le stylo, il nous démontre que le bénéfice à l’achat que l’on croit faire en achetant un simple stylo-bille (que l’on conservera quelques semaines au mieux ) est de la poudre aux yeux en comparaison d’un stylo cartouche rechargeable (qui peut nous suivre toute une vie si l’on en prend soin). De la même manière, il faut s’efforcer lors de nos acquisitions, de comparer leur prix d’achat, leur coût en énergie (depuis la fabrication jusqu’à la destruction, en passant par le transport), leur durée de vie. Et de se poser quelques questions : cet objet est-il réparable, rechargeable, recyclable etc.… ?
Nous évoquons enfin les labels, trop nombreux et donc trop confus et les prix souvent plus élevés qui caractérisent ces produits bien particuliers.

M. Gohier cède alors la parole à M. Virlouvet de l’association La Passiflore.
Cette association s’est fait connaître pour sa campagne « je réduis mes déchets » et pour ses résultats très encourageants qu’elle a bien voulu commenter devant nous.
Une trentaine de foyers de la petite commune de Fougères (Ille et Vilaine) se sont portés volontaires pour peser durant toute une année leurs déchets ménagers (triés et non triés) ainsi que leurs apports volontaires à la déchèterie. Ces aventuriers modernes ont établi ensemble une liste des actes visant à réduire leur production d’ordures et en un an, malgré la démission de quelques-uns, les vingt-trois « survivants des poubelles » pouvaient afficher un palmarès éloquent :

Moyenne des habitants Volontaires
Poids des déchets ménagers 250 43
Poids des déchets triés 64 68
Poids des déchets apportés en déchetterie 226 120

Ces résultats, et tous le descriptif de l’opération sont sur http://la.passiflore.free.fr/dechets_jrmd.htm
Ils démontrent clairement que des solutions existent à ce véritable problème que représente la gestion de nos déchets.
Il est toutefois regrettable que ce type d’action ne soit pas relayé par les pouvoirs publics, grands absents de toutes nos campagnes d’action citoyenne.

Opération « STOP EMBALLAGES »

L’ opération STOP EMBALLAGES qui s’est déroulée samedi 21 octobre 2006 au magasin CHAMPION (actuel Carrefour Market) de St Romain de Colbosc a été un grand succès ... Les clients s’arrêtaient volontiers pour discuter de ce problème . Beaucoup exprimaient avec juste raison leur difficulté à trouver des produits avec peu d’emballage, comme si les industriels cherchaient à tout prix à vendre plus d’emballage que de produits ... c’est le cas par exemple pour des boîtes de céréales à moitiés vides (ou à moitié pleines) .

Certains consommateurs avaient des solutions à proposer : revenir à la consigne des bouteilles en verre, aux yaourts dans des pots en verre, aux produits en vrac comme cela se fait dans certains magasins. Là, les clients se servent eux-mêmes en ouvrant ou fermant la trappe d’un distributeur de céréales, de sucre, de farine, de lentilles, ou autre produit un peu fluide ... Enfin il fut beaucoup question des sacs de caisse en plastique ... Les membres d’ECO-CHOIX appelaient les clients à les refuser et à se munir de cabas, de paniers, de sacs réutilisables. Pour favoriser ce geste éco-consommateur le directeur du magasin, à l’occasion de cette opération STOP EMBALLAGES, a donné à ses clients des sacs réutilisables en nylon, faciles à plier et à mettre dans un sac à main ou dans la poche ... Encore faudra t-il ne pas les oublier lors des prochaines courses...

Réduire nos déchets en cinq actes

- ça déborde : 360 kg par an par habitant, c’est trop ! Que jetons-nous ? Est-ce inéluctable ?
- mieux produire : c’est d’abord au moment de la conception des produits, que l’on peut réduire les impacts sur l’environnement (quantité de matières premières, nature des composants utilisés...)
- mieux consommer : penser à l’environnement en faisant ses courses, c’est le meilleur moyen de réduire ses déchets.
- réutiliser : car avant de devenir déchets, nos objets peuvent souvent servir à d’autres.
- mieux jeter : emballages, produits toxiques ou déchets verts, les déchets ne finissent pas tous dans la même poubelle. Il faut penser à les trier en vue de leur valorisation.

10 gestes pour réduire ses déchets

- éviter les produits jetables à usage unique
- choisir les produits au détail ou en vrac
- préférer les sacs réutilisables et les cabas
- éviter les portions individuelles
- choisir les produits avec moins d’emballages
- limiter les impressions papier
- boire plutôt l’eau du robinet
- coller un " stop pub" sur sa boîte aux lettres
- économiser les piles : préférer les piles rechargeables
- acheter des écorecharges

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